Il revient !
Il commença par percevoir un bruit difficilement identifiable qui, après un temps indéterminé, devint un ensemble de sons plus distincts faisant une étrange mélopée : un mélange de bips-bips mêlés de pfuffs réguliers. Il lui fallut plus de temps pour entendre des voix lointaines sans qu’il puisse parvenir à comprendre ce qu’elles disaient ; mais à ce moment ce n’était pas là son principal souci : il ne voyait rein, se sentait cotonneux et ne parvenait pas à bouger le moindre de ses membres. Il se sentit flotter, ainsi, un temps qu’il lui était impossible de déterminer.
Quand il put, enfin, ouvrir les yeux il se rendit assez vite compte que ce qu’il croyait avoir été une légère sieste ne pouvait pas en être une, loin de là. Il se trouvait sur un lit médicalisé une perfusion dans le bras, parsemé d’électrodes et relié à un respirateur. La pièce était aussi aseptisée que blanche pourtant certains détails lui faisait comprendre qu’il n’était pas dans une chambre d’hôpital ordinaire : l’absence de fenêtre et la présence d’un système de ventilation, pourtant cela ne ressemblait pas au quartier sanitaire d’une prison (et puis il n’était ni entravé ni menotté). Alors qu’il commençait à se redresser sur son séant, la tête lui tournait ; il se calla dans les coussins et passa machinalement sa main sur son menton, il constata qu’il était rasé de frais – c’était déjà ça – puis, ayant repris ses esprit il se mit à se débrancher de tout. Cette liberté retrouvée s’accompagna du déclenchement de toutes les alarmes de la pièce ; il devrait comprendre, plus tard, que c’était là plus qu’un signe, une véritable prophétie.
Très vite il vit sa chambre être investie par une foule de gens en blouse blanche poussant divers chariot qui s’arrêtèrent net dès qu’ils le virent assis sur le lit. Leur effarement n’eut d’égal que sa stupéfaction lorsqu’il se rendit compte qu’il était entouré de Chinois. Du dehors une voix se rapprochait, elle était harmonieuse mais déterminée dans ce qui semblait être des ordres lorsqu’elle entra à son tour, elle houspilla le personnel présent (en tous cas si tel n’était pas le cas, cela y ressemblait fortement) puis, levant les yeux demeura coite quelques brèves secondes, puis, se rendant compte que le silence allait commencer à devenir gênant, elle enchaîna en albanais, langue que tous les deux dominaient.
« Bienvenu parmi les vivants, Monsieur Mustapha, dit-elle.
« Mustapha suffira, mais à qui ai-je l’honneur et où diable suis-je ?
« Oui, bien sûr » elle marqua une pause plus comme si elle cherchait l’inspiration que ses mots, puis repris : « vous pouvez m’appeler May Ling et je suis déléguée de la centurie de la Brigade de Jade en poste à Punto Palermo affectée à la surveillance de la Méditerranéenne. ».
Bien évidemment, il connaissait, au moins de réputation, cette ancienne base secrète de sous-marins en mer Adriatique, mais cela ne lui expliquait toujours pas ce qu’il faisait là. Comme si elle parvenait à devancer ses pensées, elle enchaîna :
« C’est moi qui vous ai recueilli après l’attaque des hélicoptères, il y a presque deux ans maintenant, nous vous avons soigné et attendions que vous sortiez du coma, voilà qui est fait. J’espère qu’un homme de votre valeur se joindra à notre cause… beaucoup de choses ont changé depuis votre ‘‘accident’’… et j’ai entendu dire que votre organisation avait subi de très lourdes pertes… nos sources sont fiables, malheureusement… mais je m’emballe, il est temps que nous vous changions de chambre ; souhaitez-vous quelque chose de particulier en attendant que nous vous transférions dans vos nouveaux quartiers ? »
Tout allait un peu trop vite pour lui et ce d’autant pus qu’il se sentait encore très pâteux ; il parvint à demander, néanmoins, ses trois drogues favorites : café (turc) - raki (albanais) - tabac (brun). Il fut servi aussi vite que tous disparurent à leur poste. La première bouffée lui explosa littéralement les poumons, il toussa deux trois fois, maugréa et avala un premier verre de raki, la seconde inhalation lui permit de se détendre un peu ; il se calla dans le fauteuil et tenta de mettre de l’ordre dans son esprit. Ce n’était donc pas d’une sieste qu’il venait de se réveiller et la perte de Théodora n’avait pas été un cauchemar, tout avait été réel aussi réel que ce café, fort bon au demeurant. Une fois de plus il se trouvait seul en territoire hostile et pourtant il ne se sentait pas prisonnier, différents indices avaient aiguisé sa curiosité : l’endroit où il se trouve et qu’il avait fort bien connu dans une autre vie, cette façon si particulière de donner son grade de la part de May Ling et surtout que peut bien être cette Brigade de Jade.
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26/ Le GU : canard qui rit, canard qui pleure !A la dernière soirée de projection de ZIVA pour l’Image , le GU est arrivé avec sa compagne, tout habillé de noir et d’or, riant et se déplaçant au ralenti, pour savourer des instants de triomphe, comme pour la première page d’un magazine « People ». |
Il revient !Il commença par percevoir un bruit difficilement identifiable qui, après un temps indéterminé, devint un ensemble de sons plus distincts faisant une étrange mélopée : un mélange de bips-bips mêlés de pfuffs réguliers. Il lui fallut plus de temps pour entendre des voix lointaines sans qu’il puisse parvenir à comprendre ce qu’elles disaient ; mais à ce moment ce n’était pas là son principal souci : il ne voyait rein, se sentait cotonneux et ne parvenait pas à bouger le moindre de ses membres. Il se sentit flotter, ainsi, un temps qu’il lui était impossible de déterminer. lire la suite ... |
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25/ L'université populaire contre univérité pop Une lame commence à remonter des profondeurs. Comme les gens disparaissant de manière violente il semblait que l’esprit citoyen (pas civique, c’est différent) soit venu hanter un lieu assassiné par le GU : l’île des beaux arts. Le prétexte lui en a été fourni par l’université populaire. |
24/Echec au GU !Dans les épisodes précédents, nous avons vu comment le GU aux abords de l’anniversaire des émeutes, s’en été venu à la séance plénière du conseil de développement de l’archipel afin que l’on plaide pour lui l’élection du GU de l’agglo au suffrage universel. Ainsi disait-il : « Je pourrai défendre les îles de manières plus efficace que je ne l’ai faite … » Ce message avait alors été repris par John Michael Ornière, le président du conseil de développement qu’il avait lui-même nommé pour guidé cette assemblée citoyenne îlienne ; et ce sous la forme de : « Sur ce sujet, nous sommes tous d’accord… » lire la suite... |
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